La sémiologie et la linguistique
I.
La sémiologie et la linguistique :
« On
s’accorde généralement à reconnaître que le statut de la linguistique comme
étude scientifique du langage est assuré par la publication en 1916 du Cours de
Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure »7
En fait, pour Saussure, la linguistique est une
science qui étudie le langage et les langues, c’est également une étude
systématique de la langue « système de signes exprimant des idées. »8
Cependant, pour Saussure, la langue ne reste pas l’unique moyen pour communiquer, il
a donc crée la sémiologie comme une « science générale des signes » 9
En lui associant une entité psychique qu’est le signe linguistique avec ses deux
composants ; le signifiant (son), signifié (concept).
D’après la théorie Saussurienne, la sémiologie englobe
la linguistique puisqu’elle étudie
les signes
verbaux et non verbaux, et décrit les ensembles signifiants.
Roland Barthes (1915-1980) renverse carrément l’idée
de Saussure, pour lui, la sémiologie est une partie de la linguistique, puisque
la sémiologie ne fait qu’analyser les signes en général, alors que la
linguistique est l’étude du langage. « La linguistique n’est pas une partie privilégiée de la science générale
des signes, c’est la sémiologie qui est une partie de la linguistique. »10
1. L’histoire du signe:
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Le signe est généralement connu comme quelque chose qui est mis à la place de
quelque chose d’autre. Sa particularité est d’être présente pour signifier ou
désigner quelque chose d’absent, qu’elle soit concrète ou abstraite.
7 Du
Bois. Justin. Dictionnaire de linguistique et des sciences
du langage, Paris, Larousse, 1994, P.285.
8 Ferdinand De Saussure ; ClG.p.15
9 Ibid., p.22
10 Buyssens Eric, La
communication et l’articulation linguistique, In Mounin
G, Introduction à la sémiologie,
Ed,Minuit, Paris, 1970, P.13.
Pour Saussure « le signe linguistique unit non une chose et un nom, mais un concept et
une image acoustique […] le signe linguistique est donc une entité psychique à
deux faces […] nous proposons de conserver le mot signe pour désigner le total,
et de remplacer le concept et image acoustique respectivement par signifié et
signifiant »11
Le signe linguistique est donc une combinaison d’un signifiant et d’un signifié
qui sont
les deux faces indissociables du signe linguistique.
Un signe, selon Peirce, peut être simple ou complexe.
Contrairement à Saussure ; Peirce ne définit pas du tout le
signe comme la plus petite unité significative. La définition du signe qui
procède de sa réflexion considère celui-ci comme : «un signe, ou Représentamen, est quelque chose qui tient lieu pour
quelqu’un de quelque chose sous quelques rapports ou à quelque titre »12 Le processus
sémiotique est un rapport triadique
entre un signe ou représentamen (premier), un objet (second) et un
interprétant(troisième) :
Le
représentamen : est une chose qui représente une autre chose : son objet. Avant
d’être interprété, le représentamen est pure potentialité : un premier.
L’objet :
est le référent du signe,
c’est-à-dire l’occasion et le contexte de son apparition. Le signe ne peut que
présenter l’objet, il ne peut pas le faire connaître ; il peut
exprimer quelque chose à propos de l’objet, à condition que cet objet soit déjà
connu de l’interprète.
L’interprétant : c’est l’élément
complexe à saisir, il fait la médiation entre le représentamen et l’objet, et
comment ils connectent ensemble. Il possède une signification qui détermine
celle du représentamen.
SIGNE (Représentamen)
Objet Interprétant
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11 Ferdinand De Saussure,
CLG, pp.85.86
12 La séméiotique de Charles S. Peirce, langage, 1980. p.12.
Selon la relation qu’entretient le signe avec l’objet (le référent), et son
interprétant, on peut l’appeler
: icône, indice ou symbole.
L’icône : est un signe qui représente un
objet où une catégorie d’une manière restreinte. Il est attaché à l’objet
qu’il dénote et présente certains
aspects et propriétés de l’objet.
Selon Peirce, un signe iconique est un « signe qui fait référence à l'Objet qu'il dénote simplement en vertu de ses caractères propres, lesquels il possède,
qu'un tel Objet existe réellement ou non. […] N'importe quoi, que ce soit une
qualité, un existant individuel, ou une loi, est un icone de n'importe quoi,
dans la mesure où il ressemble à cette chose et en est utilisé comme le signe. 13
En effet, le signe iconique inclut les schémas, les diagrammes, etc. Par exemple : dans les systèmes de
l’ordinateur on trouve plusieurs
icones tel celui de la maison qui désigne
la page d’accueil. En général l’icône présente ce qui est concret et non
abstrait.
L’indice : la
relation indicielle est la
relation de cause
à effet : par exemple
la fumée et le feu ; il n’y a pas de
fumée sans feu. L’indice lui aussi comme
l’icône ; il réfère à l’objet qu’il dénote. Toujours selon Peirce L’indice
est «
signe qui fait référence à
l'Objet qu'il dénote en vertu du fait qu'il est réellement affecté par cet
Objet. [...] Dans la mesure où l'Indice est affecté par l'Objet, il a
nécessairement certaines qualités en commun avec cet Objet, et c'est sous ce
rapport qu'il réfère à l'Objet. Il implique, par conséquent, une certaine
relation iconique à l'Objet, mais un icone d'un genre particulier
; et ce n'est pas la simple ressemblance à son Objet, même sous ces rapports, qui en font un signe mais les modifications
réelles qu'il subit de la part de l’Objet »14
Le symbole :
est au contraire de l’icône, il représente l’abstraction. Il n’a pas de
sens logique et se fonde sur une relation conventionnelle. Dans la même
référence, le symbole est « est un signe qui se réfère à l'Objet qu'il
dénote en vertu d'une loi, habituellement une association générale d'idées, qui
provoque le fait que le Symbole est interprété comme référant à l'Objet »15
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13 Charles Sanders Pierce,
Éléments de Logique, 1903, in Collected Papers, Harvard University Press,
1960. p.247.
14 Charles Sanders
Pierce, Éléments de Logique, 1903, in Collected Papers,
Harvard University Press, 1960. p.248.
15 Charles Sanders
Pierce, Éléments de Logique, 1903, in Collected Papers,
Harvard University Press,
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